RESULTATS DE LA VENTE L'UNIVERS DE JEAN CORTOT
L’histoire d’une collection c’est aussi l’histoire d’un homme. Et c’est cela qui est fascinant.
Les objets, tableaux et meubles gardent l’empreinte de celui qui les a choisis. Ils deviennent des sentinelles qui demeurent au-delà de l’absence et de la mort pour perpétuer un goût, un savoir vivre, une esthétique. La vente du 27 mars dernier nous invitait à découvrir l’intérieur du peintre Jean CORTOT ( 1925-2018).
Ce peintre résolument ancré dans le XXème siècle fut un des membres fondateurs du Groupe de l’Echelle avant de faire cavalier seul. Il côtoya tout au long de son existence les grands écrivains et artistes de son temps. Un cénacle au sein duquel il fut consacré lors de son accession à l’Académie des Beaux-Arts.
Chez lui du XVIIIème, du XIXème et du XXème bien sûr…
Pour le XVIIIème on retiendra, ces deux projets d’éventails à l’huile sur papier marouflé mettant en scène un orient rêvé et fantaisiste peuplé de personnages en turban évoluant dans un paysage animé de plantes et animaux exotiques côtoyant des arcatures et arbres parfaitement européens ! Une liberté et des couleurs qui devaient charmer l’œil de Jean comme celui de l’enchérisseur qui remporta ce lot pour 3472 euros frais compris.
Jean aimait les images et les mots, nous le savons puisqu’ils les mêlaient à l’envi dans ses œuvres. Dans son intérieur, une commode d’époque Transition lui parlait d’amour au travers de l’iconographie de sa marqueterie : des colombes surmontant un carquois de flèches. Un thème cher au XVIIIème mais aussi à Jean qui toute sa vie, fut très épris de sa ravissante femme. Un amateur se laissa lui aussi séduire portant les enchères à 2356 euros frais compris.
Si vous aussi, vous aimez les arts décoratifs du XVIIIème siècle, nous ne saurions trop vous inciter à visiter l’exposition « une journée au XVIIIème siècle » au MAD à Paris, une délicieuse immersion !
Des mots encore...chuchotés ceux-là... dans ce dessin de la fin du XIXème-début XXème : des femmes en cheveux à la taille de guêpe, murmurent, altières dans leur haut col. Cette conversation silencieuse révélée par le délicat trait de Théophile Alexandre Steinlen au fusain et à la craie fut adjugée pour 3100 euros frais compris.
ierre DUFRESNE (1922-2014) Suite de quatre lustres. Bronze.
Dans la collection de Jean, la part belle est faite au XXème. Dans sa vie beaucoup d’amis, des artistes. Sur ses murs aussi.
Nous citerons quelques noms…Oscar Dominguez, André Marchand, Pierre-César Lagage, Jean-Marie Calmettes, jacques Busse… Ces témoignages nombreux et souvent personnalisés du Paris artistique de l’après-guerre foisonnant, curieux, anticonformiste et novateur à travers des mouvements aussi variés que l’abstraction lyrique ou géométrique, le surréalisme, la figuration narrative…n’ont pas laissé de marbre les amateurs comme en témoigne l’enchère d’un très beau lavis sur papier de André Marfaing qui fut adjugé à 4960 euros frais compris.
Enfin parmi les livres dont beaucoup étaient issus de la bibliothèque d’Alfred Cortot, célèbre pianiste et père de Jean on notera une belle enchère de 3224 euros pour trois ouvrages d’après Claude Le Jeune, compositeur et musicien de talent du XVIème siècle édités à Paris après sa mort par l’intermédiaire de son frère.
Dans un univers plus contemporain, Les dernières œuvres de Matisse, édition originale, in folio contenant 39 lithographies et 38 dessins fut adjugée à 3038 euros. Un ouvrage en parfaite adéquation avec l’actualité puisqu’ à Paris, le Grand palais jusqu’en juillet propose une très belle exposition sur les dernières années de Matisse.
Enfin nous terminerons avec une superbe suite de quatre lustres en bronze laqué noir crées par Jacques-Pierre Dufresnes, sculpteur français co-fondateur avec Jean Cortot du groupe de l’échelle. Ces lustres à décor de femmes stylisées assises d’une grande pureté et d’une élégance absolue furent remportés pour 4092 euros
Enfin, l’œuvre de Jean Cortot intitulée « Lorsque se tait… » Acrylique sur papier fut emportée pour 2480 euros sous le marteau de Hugues Cortot.
C’est à présent à moi de me taire puisque je crois vous avoir tout dit !
Jusqu’à notre prochaine chronique…







